L’augmentation du salaire minimum : une mauvaise stratégie ?

Lors de la dernière élection présidentielle, nombreux sont les candidats qui ont proposé une hausse du SMIC dans leur programme, afin de relever le pouvoir d’achat des employés. Aux premiers abords, cette stratégie permettrait d’offrir une meilleure marge de manœuvre aux salariés percevant des revenus bas. Cependant, selon une étude menée par des chercheurs de l’Université de Washington, elle pourrait entrainer des déséquilibres sur le marché de l’emploi et ne permettrait pas d’aboutir à l’amélioration du niveau de vie des foyers modestes.

Les travailleurs peu qualifiés en difficulté

Une hausse du salaire minimum a pour premier objectif d’offrir un pouvoir d’achat plus conséquent aux ménages les plus vulnérables et dans une certaine mesure, relancer la consommation. Pour les chercheurs de l’Université de Washington, c’est une vision simpliste de l’économie puisqu’un changement au niveau des salaires, entraine automatiquement un changement au niveau du comportement des acteurs, notamment des employeurs.

En effet, face à un salaire minimum légal trop élevé, les entreprises vont privilégier les travailleurs possédant les compétences indispensables qui vont démontrer leur efficacité dès leur premier jour. En d’autres termes, l’augmentation de la rémunération minimale va automatiquement pénaliser les actifs les moins expérimentés et les moins qualifiés, puisqu’ils vont éprouver des difficultés à trouver un travail ou tout simplement, perdre leur emploi.

Dans de nombreux cas, les structures disposant de budget relativement conséquent vont opter pour des machines pour la réalisation des travaux ne nécessitant qu’une faible qualification.

Par ailleurs, les petites entreprises procèdent souvent à des vagues de licenciement, ce qui entraine une augmentation du taux de chômage.

Le cas Seattle

Pendant plus de 5 ans, Seattle a procédé à différentes vagues de hausse de son salaire minimum. En 2015, la rémunération minimale dans la ville a été portée à 11% et à 13%, en 2016. Le 1er janvier de cette année, elle a enregistré une nette augmentation en passant à 15%.

Afin de mesurer l’impact d’une telle stratégie, les chercheurs de l’Université de Washington se sont tout d’abord intéressés sur les deux premières hausses. S’ils n’ont remarqué qu’un faible impact sur le marché du travail durant la première vague, ils ont noté des changements plus ou moins importants entrainés par la seconde hausse de 2015.

Le passage aux 13 dollars de l’heure a engendré une baisse notable des heures travaillées. Certaines entreprises ont procédé au licenciement des travailleurs peu qualifiés tandis que d’autres ont décidé de réduire leur temps de travail.

En d’autres termes, l’augmentation de 2015 n’a pas amélioré le pouvoir d’achat des foyers modestes. Si de nombreux travailleurs peu qualifiés ont été évincés du marché du travail, ceux qui ont pu conserver leur emploi ont subi une baisse de leur salaire, en raison de la réduction de leur temps de travail. D’après l’étude de l’UW, cette diminution de la rémunération serait de l’ordre de 125 dollars par personne.

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