Qu’est-ce qui fait qu’un salaire est juste ?

Pour que l’employé estime son salaire équilibré, il faut que 3 critères soient réunis : la contribution, l’égalité et bien sûr le besoin. Et les « gilets jaunes » ont su remettre la notion de la justice salariale au goût du jour. D’une manière globale, le salaire juste est celui-là dont la rétribution est proportionnelle à l’effort fourni. Néanmoins, depuis la mi-novembre qu’est né le mouvement, il met un point d’honneur à rappeler que le besoin, mais également l’égalité ont leur rôle à jouer.

Contribuer plus pour gagner plus

Le salaire juste, dans la démocratie de marché que nous prônons, est celui qui est considéré comme tel par la ou le salarié. C’est la rémunération qui va l’inciter à mener à bien sa tâche dans l’entreprise. Celle pour laquelle il n’aurait pasl’idée d’offrir ses compétences à un concurrent.

Un salarié mesure son apport dans l’entreprise à ce qu’elle lui offre en échange. Il confronte ensuite cette mesure à celle des autres employés. Dans le cas où les deux ratios s’équivalent, l’employé ressent un profond sentiment de justice et est alors prêt à travailler dur. 

Dans le cas contraire, il pense qu’on ne le traite pas à sa juste valeur, boycott le travail ou quitte l’entreprise. C’est ce que nous fait comprendre les travaux classiques d’Adams en psychologie des organisations.

Cette approche par l’équité souligne le rôle joué par chaque personne dans une entreprise. On peut de cette manière, justifier les inégalités salariales lorsqu’elles sont reliées à des apports de valeurs différentes.

La grande majorité de ce que pensent les employés en accord à la justice dans le cadre du travail est rapportée ici. Sur le terrain, l’approche s’appuie sur des méthodes de définition des salaires qui formalisent une « pesée » des postes. L’objectif est de mettre les rémunérations en ligne avec la contribution de chacun. L’une de ces méthodes se prénomme Hay.

Équité, besoin, égalité !

Grâce aux « gilets jaunes », des critères complémentaires ont refait leur entrée dans le débat. Ces critères sont assez importants pour évaluer la justice des salaires. Chaque salarié doit pouvoir faire vivre sa famille avec décence et avec ce qu’il gagne. Il s’agit là d’une condition qui est différente à celle de contribution. Et c’est dans ce sens-là que va la demande d’augmentation du salaire. Il y a également le critère de l’égalité. Sur ce dernier critère les « gilets jaunes » revendiquent la diminution des écarts de salaires.

Il m’a été donné d’intervenir auprès de certains responsables de grandes surfaces spécialisées. Pour ce qui est du critère du besoin, ils expriment la difficulté qu’ils avaient à favoriser les efforts de leurs employés estimant leur rémunération trop basse par rapports de leur famille.

Ils sont obligés de trouver des palliatifs solides comme des jours de congé offerts, des primes gonflées artificiellement, une augmentation des rémunérations symboliques et autres. S’ils ne le font, ils assistent impuissants à une horde de salariés agissant comme des chasseurs de primes plutôt que comme des membres appartenant à un collectif de travail. 

Quant à l’égalité, plusieurs recherches récentes en psychologie des organisations ont été effectuées. Elles montrent que les salaires qui sont, la plupart du temps, jugés plus juste, sont ceux qui sont plus égalitaires.

Lorsque les salariés sont extrêmement liés dans leur travail, le plus petit décalage dans les salaires installe un sentiment de solidarité plus appuyé et accentue la coopération.

L’égalité réduit également l’animosité, augmente l’intérêt pour les missions et instaure chez les salariés, le désir de se faire apprécier par leurs autres collègues. Elle est aussi synonyme de liberté d’expression.

Selon une étude réalisée, la baisse de la productivité et la moindre collaboration chez les chercheurs sont le résultat d’une dispersion des salaires.

La justice au nom de l’efficacité

Dans le salaire, il y a déjà des éléments qui représente à la fois la contribution, l’égalité et le besoin. Ce n’est que dans de rares occasions qu’une personne perçoit un salaire principalement en fonction de ses contributions calculées. Seuls quelques postes commerciaux ou de direction ont ce privilège.

Plusieurs fonctionnements utilisent en simultané les critères du besoin et de l’égalité. Le salaire minimum, les règles des conventions collectives, … s’en servent. Cependant, une tendance est en train de promouvoir l’approche de l’équité. Et celle-ci semble être plus forte.

Un très grand nombre de salariés, et encore plus de cadres, sont aujourd’hui touchés par une rémunération variable. Leur nombre ne cesse d’augmenter. Quant à la part variable de leur salaire, elle a eu une forte croissance jusqu’en 2017.

Pourtant, le critère de la contribution doit toujours être assorti des critères de l’égalité et du besoin pour qu’un salaire soit jugé juste. C’est ce que ne cesse d’ailleurs de nous rappeler le mouvement des « gilets jaunes ». Pour cette raison, la part des salaires variables en 2018 a connu est légère baisse.

Toutefois, l’équilibre n’est pas encore tout à fait stable. Il faut qu’il soit recherché et trouvé, pas seulement pour le juste. Si aujourd’hui, on dénote autant de comportements défavorables ou non dans le travail, c’est en effet, à cause de l’injustice que ressentent les salariés.

Il est donc important d’instaurer une justice salariale. Celadonnerait l’occasion aux salariés d’être plus engagés et coopératifs et d’innover. Des valeurs dont a besoin une entreprise tant la compétition règne dans le monde entrepreneurial aujourd’hui.

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