La suppression des charges sur le Smic peut baisser le taux de chômage ?

La suppression des charges sur le Smic peut baisser le taux de chômage ?

Alain Juppé, le favori de la primaire de la droite, a annoncé son plan d’action pour endiguer le chômage. D’après lui, la suppression des charges sur le Smic permettrait de relancer l’embauche des personnes peu qualifiées, notamment les jeunes. Mais est-ce que cette mesure aura réellement l’effet escompté ?

Une réduction des charges déjà en application

La mesure avancée par Alain Juppé n’est pas totalement nouvelle puisque, dans l’Hexagone, des allègements sont déjà appliqués. En effet, un employeur embauchant une personne au Smic doit, en règle générale, payer 45% de cotisations. Néanmoins, grâce à la réduction Fillon, il ne s’acquitte plus de 26% de cotisations.

D’autre part, cet allègement s’ajoute au crédit d’impôt CICE et au dispositif “Zéro Charge”, accessible depuis 2015.

Pour les PME, la prime à l’embauche d’un montant de 500 € par trimestre sur les nouveaux contrats permet de supprimer intégralement les cotisations et de bénéficier, dans certains cas, d’un léger surplus.

En d’autres termes, le plan d’action du favori de la primaire de droite a déjà été, dans une certaine mesure, élaboré et mis en vigueur. Toutefois, les effets des différentes réductions proposées par l’Etat n’ont pas un eu impact réellement palpable sur le chômage.

La mesure d’Alain Juppé et son efficacité

charges-smic

En faisant appel à l’allègement Fillon, au crédit d’impôt CICE et au dispositif “Zéro Charge”, une entreprise ne paie que 9,5% de cotisations pour chaque embauche au Smic, soit une centaine d’euros pour la retraite complémentaire et Pôle Emploi.

Malgré l’inefficacité de ces différentes mesures, Alain Juppé affirme que la suppression des charges devrait permettre de créer approximativement 200 000 emplois.

Bien entendu, cette suppression pourrait encourager les entreprises à embaucher les personnes peu qualifiées et les jeunes travailleurs. Cependant, le dispositif ne prend pas en considération les coûts de la réduction qui seraient de 20 milliard d’euros par an selon la Cour des Comptes, et les dispositions prises par les autres pays de l’Union Européenne.

Dans le cas où les autres Etats procèdent à une baisse du coût du travail, la mesure n’entrainerait que des coûts exceptionnels et ne pourrait pas endiguer le chômage en France.

Laisser un commentaire